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 Ce n'était qu'un rêve

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Seshat

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Date d'inscription : 23/09/2012
Localisation : Dans ma tête !

MessageSujet: Ce n'était qu'un rêve   Ven Sep 28, 2012 2:34 pm

Je me suis essayée à un autre registre, celui de la douleur et la souffrance. Pas évident, je vous laisse juger =) J'ai hésité sur l'endroit où le publier, mais je préfère le laisser là, j'espère que ça ira.

**********

Je ne sais pas où je suis. Je ne reconnais pas cet endroit. Je suis seule, dans cette immensité de verdure. Je marche sans jamais m’arrêter, sans pour autant avoir de but. Mes pas me mènent au pied d’un arbre. Un arbre magnifique, grand, majestueux. Ses branches sont couvertes de feuilles vertes et lumineuses. L’arbre est vigoureux, il se porte bien. Et moi, je m’arrête. Enfin. Je le regarde, et je le déteste. Il n’a pas le droit d’être aussi beau. Sa beauté me renvoi ma laideur, ma souffrance. Je fais le tour de l’arbre, ma main effleurant son tronc. Et je sens, là, un morceau d’écorce prêt à se détacher. Cet arbre aussi imposant soit-il, a donc une faille ? Je m’y engouffre aussi violemment qu’une maladie incurable dans un corps humain. J’arrache l’écorce. Et je me sens mieux. Alors avec davantage de haine, je continue de vouloir dénuder cette beauté de la nature. Mes ongles se cassent l’un après l’autre contre l’écorce solide, mais je continue. L’arbre résiste. Il est plus fort que moi, indubitablement. Peu m’importe. Ma rage prend le dessus. Je m’entends crier. La personne que je suis, celle qui se cache, celle qui se ment constamment, disparaît pour laisser paraître celle que je suis réellement. Si on me voyait en ce moment, on me prendrait pour une folle qu’il faut enfermer immédiatement. Morceau après morceau, je fissure ce que je déteste. Mes jambes tremblent, mes doigts saignent. Ma haine n’en est que plus profonde. Je veux que l’arbre saigne aussi. Je m’empare d’une pierre dont le bout est tranchant, et je gratte le tronc, encore et encore. Je ne réussis qu’à faire de petits trous, et ça m’énerve davantage. Comme pour m’intimer d’arrêter, voilà qu’une pluie diluvienne se met à tomber. Mes cheveux se collent sur ma nuque, mes épaules, et le long de mon visage. La pluie me force à papillonner des yeux plusieurs fois, et m’oblige à ralentir ma destruction. Mon cœur s’emballe, je ne veux pas arrêter. Je veux faire souffrir cet arbre. J’ai mal. Je veux qu’il ait plus mal que moi. Je reprends mon ouvrage, avec plus de vigueur, tentant d’ignorer les grosses gouttes et le vent qui me fouette le visage. Une petite voix me dit « Laisse tomber. Il est plus fort que toi. Accepte. Accepte… ». Je m’entends crier « non ! ». Et je continue. La pierre que je tiens si fermement dans ma main, si elle n’arrive qu’à faire de légères éraflures à l’arbre, m’ouvre peu à peu la peau, laissant déverser mon sang chaud, qui vient se mêler à l’eau glacée qui tombe du ciel. Au bout de quelques minutes je cesse subitement mon geste dévastateur. Je recule de quelques pas, et regarde ce que j’ai provoqué. De petits morceaux d’écorce gisent au pied de leur propriétaire. Je n’ai réussi qu’à taillader cet arbre… Ma rage n’a pas suffi à provoquer la tornade que je ressentais, elle n’a pas suffi à détruire l’arbre que je visais. Puis je comprends. Cet arbre que je déteste, ce n’était pas lui que je voulais détruire. Lui était bien trop fort pour la petite humaine que je suis. Ce que je voulais détruire en réalité, c’était moi. Mes mains me font mal. Je tiens toujours la pierre dans ma main. Je n’arrive pas à ouvrir mes doigts. Je m’aide de mon autre main et enfin la pierre tombe sur le sol imbibé d’eau. La pluie continue de tomber, mais avec moins d’intensité. Elle aussi semble se calmer. Mon rythme cardiaque diminue, je me sens fébrile. Je tombe à genoux, la tête dans mes mains ensanglantées. Je n’ai pas la force de pleurer, pas la force non plus de crier. Lâcher prise, et accepter. Il aura fallu en arriver là, un mal pour un bien… J’écoute l’eau tomber, je la sens glisser sur ma peau dénudée. Je me calme peu à peu. Puis j’ouvre les yeux. La nuit est finie, je me réveille dans mon lit, et au dehors, j’entends tomber la pluie.
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