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 Libération

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Seshat

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Date d'inscription : 23/09/2012
Localisation : Dans ma tête !

MessageSujet: Libération   Ven Sep 28, 2012 2:23 pm


Je me suis servie d'histoires personnelles et d'histoires inventées pour écrire ce qui suit. A moitié vrai et à moitié faux, j'avais juste besoin de tout poser pour y voir plus clair =) Bonne lecture.

**********

Des images s’immiscent dans ma tête. Elles font peu à peu monter les larmes dans mes yeux bleus. Ma vue se brouille, ma gorge se noue. Mon ventre se tord douloureusement, je me mords les lèvres.

« Ne pas pleurer. »

Debout face à l’immensité de la mer agitée, je réfléchis. Comment a-t-on pu en arriver là ? Le vent emmêle mes cheveux cuivrés et me fouette le visage de son froid glacial. Le ciel est noir et menaçant. Je serre les poings, mon corps se crispe.

« Ne pas pleurer. »

Je revois nos débuts, notre amour naissant, les promesses que l’on s’est fait. Je repense à ce que nous avons construit et à ce que nous avons surmonté. Les larmes se font plus pressantes pour se déverser sur mon visage, mais je les retiens aussi fort que je le peux.

« Ne pas pleurer. »

Pourquoi est-il poussé par la méchanceté ? Pourquoi ne voit-il pas la vérité ? J’ai passé des années à l’attendre, aujourd’hui je ne peux plus… Je ne veux plus… Notre quotidien est envahi d’amertume et de rancœur. Je ne l’aime plus…

« Ne pas pleurer. »

Le vent apporte avec lui l’écume des vagues violentes et la projette sur mon visage blême. Je n’ose pas fermer les yeux, de peur de laisser s’échapper une larme. Mes yeux me piquent, me brûlent. Les bourrasques me font tituber, je perds l’équilibre.

« Ne pas pleurer. »

J’ai longtemps cru aux contes de fées. Ceux qui vous montre un amour éternel et une vie heureuse et sans embûche. Le rêve de toute petite fille… Je suis lucide depuis un moment. Je ne connais plus l’insouciance. Je serre les dents, tout n’était que mensonge…

« Ne pas pleurer. »

Malgré moi, mes paupières se ferment et une première goutte d’eau salée vient se poser sur ma joue glacée. Comment va-t-on faire ? Où vais-je aller ? Je ne veux pas être seule, mais je ne veux plus de lui…

« Ne pas tomber. »

Le vent souffle plus fort. Je résiste. Mes yeux sont fermés et laissent sortir la douleur de mon cœur. Le mistral fait bourdonner mes oreilles. Je n’entends plus qu’un bruit assourdissant et ma respiration saccadée. Je rouvre les yeux, les larmes n’ont pas cessé de s’échapper.

« Ne pas tomber. »

Je voudrais tellement y voir plus clair. Je voudrais revenir en arrière. Je voudrais avancer dans le temps… Tout est contradictoire. Mes jambes tremblent, puis lâchent. Je tombe à genoux sur le sable humide. Je suis perdue. Seule face à moi-même et à mes sentiments.

« Oublier… »

Sept ans de vie à jeter… Sept ans à oublier… Sept ans de souvenirs, de partage, d’amour… Sept ans soldés par un échec… Mes mains s’enfoncent dans le sable, je pleure de désespoir, je pleure de douleur.

« Oublier… »

Je voudrais passer à autre chose. Claquer des doigts et me réveiller ailleurs, ou m’endormir et ne pas me souvenir…

« Je ne suis pas que ça. »

Les images de deux petites têtes souriantes envahissent mon esprit. Ils sont ma chair et mon sang. Je les ai mis au monde dans la peur et les larmes, dans la joie et la surprise, dans l’amour absolu.

« Je ne suis pas que ça. »

Pendant longtemps j’ai cru que ma vie entière ne tournerait qu’autour d’eux. Aux yeux de tous, je ne suis qu’une mère dévouée… Les larmes se déversent toujours sur mon visage et je ne sais pas comment les arrêter.

« Je ne suis pas que ça. »

Comment ai-je pu oublier que j’avais aussi une vie ? Qu’un jour ils quitteront le nid et que je serais seule ? Pourquoi le réveil est-il si violent ? Je sors mes mains du sable mouillé et mes ongles s’enfoncent dans ma peau. Je ne ressens toujours que la douleur de mon cœur.

« Je veux vivre ma vie. »

Le déclic a été violent. Je ne suis pas que maman. Je suis moi avant tout et je veux vivre ma vie. Ma respiration s’accélère, j’ai l’impression d’être coincée, emprisonnée, étouffée…

« Ne jamais rien dire. »

Je ne peux rien dire à personne de ce qui m’obsède à longueur de journée. Mon cœur abrite un secret qui me ronge mais que je me dois de protéger.

« Ne jamais rien dire. »

Je n’ai pas lâché la mer des yeux. Comme si j’attendais d’elle quelque chose qui viendrait me sauver du trou sans fin dans lequel je suis en train de sombrer.

« Ne jamais rien dire. »

Mon corps s’engourdit, je suis fatiguée de lutter contre moi-même. Je voudrais tellement parler, hurler, dévoiler ce que je me suis promis de taire…

« Ne jamais rien dire. »

Combien de temps vais-je tenir ainsi ? Une guerre entre ma tête et mon cœur a commencé. Un duel où je sais d’avance que l’issue sera fatale, douloureuse et humiliante.

« Ne jamais rien dire. »

Mon corps est parcouru de tremblements. Mes nerfs lâchent. Je garde trop de choses en mon sein. Je brûle de l’intérieur. Une rage soudaine s’empare de moi et me consume rapidement. Je sens la chaleur monter à mon visage. Je respire plus fort et plus vite.

« Ne jamais rien dire. »

Le vent tente de me retenir, mais je parviens à me redresser. J’inspire pleinement l’air iodé et j’entends comme un claquement de fouet dans ce paysage terne et effrayant.

« Ne jamais rien dire. »

Un hurlement déchirant parvient à mes oreilles. Je sens ma gorge vibrer. A mesure que mon cri libérateur se déverse en cœur avec la tramontane, je sens mon corps se calmer.

« Je n’ai rien dit… »

Lorsqu’enfin le son que j’émets s’arrête, l’alizé me semble soudain plus calme. Mes cheveux virevoltent toujours mais mes oreilles ne bourdonnent plus. Les larmes ont cessé de couler. J’ai gardé mes poings serrés.

« Je ne dirais jamais rien… »

Je dois continuer à penser que rien ne sera jamais dévoilé. Il le faut, c’est une nécessité, même si je meurs d’envie de tout avouer… Mon cœur bat à la chamade dans ma poitrine douloureuse.

« Je ne sais plus… »

Où est la priorité dans tout ça ? Quelle blessure gérer en premier ? Y’a-t-il seulement un ordre dans tout ce bazar ? Je ne sais pas… Je ne sais plus… Le sang pulse dans mes tempes et répand une musique lancinante dans ma tête déjà troublée.

« L’espoir… »

J’ai beau ne pas y croire, une petite lumière parvient à intégrer mon cœur obscurcit. L’espoir… Un jour peut-être... Ou peut-être pas… Je n’ai pas d’autre choix que de continuer mon chemin. Je dois espérer qu’un jour la roue tournera en ma faveur et que tout s’arrangera… Une nouvelle larme coule sur mes joues couvertes d’écume salée.

« L’espoir… »

Le vent tombe, mes cheveux cessent de s’agiter et retombent le long de mon visage épuisé. Mon rythme cardiaque semble ralentir, mes poings se desserrent peu à peu. La mer n’est plus agitée, la surface de l’eau ondule dans un éclat léger.

« Accepter… »

La solution est là. Elle entre dans ma tête tel un messager salvateur. J’ouvre grand les yeux comme si c’était pourtant évident. Je dois accepter ce qui se passe et que les choses ne se déroulent pas comme je le souhaite. Je dois accepter que ce ne soit qu’une page de mon livre qui se tourne, qu’un nouveau chapitre va débuter. Le chemin sera long, mais je dois accepter, c’est la seule solution pour continuer…

« Accepter… »
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